Lamelles et sétules

Nous nous intéressons donc désormais à la structure des doigts des geckos, grâce à laquelle ils sont capables d’adhérer à de très nombreuses surfaces.

(photographie de la face antérieure de la patte d'un Rhacodactylus ciliatus prise lors de nos expériences)

Les doigts des geckos sont composés d’une série de lamelles, les scansors, elles-mêmes constituées d’une multitude de fibres souples, les sétules (setae). Les sétules sont disposées de manière hiérarchisée, elles forment en effet un quadrillage, dont chaque parcelle contient quatre setae. 

L’extrémité de ces setae est ramifiée en centaines de fibres de kératine, se terminant par des spatules triangulaires et aplaties.

Comme on le voit dans le schéma ci-dessous, les sétules du gecko sont flexibles (10^5 pascals) alors que les fibres de kératine, justement situées à l'extrémité des sétules, sont rigides ( 10^9 pascals). En effet, dans le modèle de Young (aussi appellé module de compressibilité) plus la valeur en pascal est élevée, plus l'objet est rigide.

 

 

Cette rigidité des fibres de kératine est assez étonnante, car il est étonnant que les sétules puissent fonctionner avec ces fibres non adhésives selon le modèle de Young. C'est au contraire un avantage pour le gecko, car grâce à la flexibilité des sétules, le gecko est doté de capacités adhésives, dont les inconvénients sont compensés par la rigidité des fibres de kératine. Les sétules sont donc autonettoyantes (ce qui fut également démontré à travers de nombreuses expériences réalisées par des scientifiques), ce qui permet un usage répetitif de celles-ci. De plus, comme une déformation mécanique est nécéssaire à l'adhérence (voir "Forces de cisaillement"), les doigts du gecko ne se collent pas entre eux.

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